Énergies renouvelables et technologies numériques : le mariage gagnant ?

Comme introduction pour cette thématique, nous proposons le texte de Julie Devran diffusé sur le site internet Les Echos l

Passer aux énergies renouvelables n’est pas de tout repos. La transition énergétique ne se fait pas en un jour, c’est un chemin long et périlleux. Dans ce contexte, les nouvelles technologies semblent apporter des solutions pour faciliter cette transition. En effet, le nombre de projets dans le domaine intégrant le numérique ne cesse de se multiplier en France.

La blockchain : une nouvelle façon d’utiliser les énergies renouvelables

Techniquement, une blockchain est un registre de compte bâti sur un réseau distribué où les transactions sont vérifiées par le consensus d’un groupe qui maintient ce registre. À l’appui de l’exemple lyonnais, le groupe correspond aux habitants du quartier qui, grâce à la présence d’une smart grid, pourront échanger instantanément des crédits énergétiques. En gérant leur consommation et leur production, les habitants peuvent ainsi s’échanger ces crédits entre eux.

L’avantage de ce dispositif réside dans sa transparence et son autonomie vis-à-vis d’une tierce personne puisqu’aucun acteur unique ne peut avoir le contrôle exclusif du système. Il faudra donc que les habitants échangent entre eux pour pouvoir prendre une décision. La technologie comme nouvel outil social. Ce principe renforce également son inviolabilité puisque les informations étant réparties à plusieurs endroits et non plus au sein d’une base de données centralisée, il sera beaucoup plus difficile de pirater les données.

Évidemment, pour réussir la mise en place de cet outil technologique, les acteurs traditionnels de l’énergie et de l’immobilier font appel à des spécialistes. À Lyon, Bouygues Immobilier, porteur du projet, s’est associé à deux jeunes sociétés, Energisme et Sratumm. Dans les Pyrénées-Orientales, le Conseil départemental s’appuie sur la start-up Sunchain pour la réalisation d’un projet identique qui devrait voir le jour au cours de l’année prochaine. C’est donc une nouvelle façon de travailler qui voit le jour, mais surtout de nouveaux acteurs qui intègrent le secteur des énergies renouvelables pour permettre une optimisation des potentiels.

Savoir dépasser les difficultés

Si l’avenir est plein de promesses, c’est aussi parce que ces nouvelles technologies sont très récentes avec donc très peu de retours. Pour la blockchain, les deux initiatives précédemment citées font figure de précurseurs en France. Il faut traverser l’Atlantique pour voir à l’oeuvre un projet identique avec le lancement d’un démonstrateur similaire dans un quartier de Brooklyn (New York) en avril 2016.

Si les premiers retours de la population semblent positifs, il faudra attendre sur le long terme pour connaître la véritable efficacité du dispositif. Une nouveauté qui se remarque aussi dans le dispositif législatif puisque c’est une ordonnance du 27 juillet 2016 relative à l’autoconsommation d’électricité qui a permis au projet lyonnais de Bouygues Immobilier de voir le jour.

Mais un autre problème guette les initiatives numériques, celui de leur « coût énergétique ». C’est là tout le paradoxe de ces projets. Les outils numériques semblent avoir un appétit énergivore. En clair, le profit pourrait être nul, le dispositif consommant autant que l’énergie économisée.

Sans compter que les matériaux et composants high-tech utilisés sont plus durs à recycler. S’il reste encore quelques réticences et obstacles face au développement des outils numériques dans la transition énergétique, leur utilisation fait office de renouveau et offre un second souffle aux acteurs qui tentent depuis plusieurs années d’apporter des solutions concrètes aux problématiques énergétiques.